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Lauréats du prix Regner-Lhotellier

Lauréat 2012 : Éric Fourmestraux

7 rue André Antoine 75018 Paris

Tél. 06 61 92 99 85

Mail : eric.fourmestraux@gmail.com

Site : www.eric-fourmestraux.com

Né en 1963 à Paris

  • Artiste graveur, membre du conseil d’administration de Graver Maintenant, membre de Manifestampe
  • Graphiste et illustrateur — N° MAISON DES ARTISTES : F265590
  • Designer mobilier, architecte d’intérieur pendant vingt ans
  • Professeur d’arts plastiques de la Ville de Paris depuis sept. 2007
  • Ateliers enfants à la Fondation Cartier pour l’art contemporain depuis 2008
  • Formation
  • École Nationale Supérieure des Arts Décoratifs de Paris. Diplôme d’Architecte d’intérieur de l’ENSAD en 1987.
  • Atelier de Recherche et Création de Mobilier de l’ENSAD en 1988-89
  • Prix
    • Prix Art Papier 2011 du 54e Salon des Beaux-Arts de Garches (92)
    • Prix Joop Stoop 2011 de l’exposition « En volume », Rueil-Malmaison (92)
    • Prix Corot 2010 du 26e Salon de l’estampe contemporaine de Graver Maintenant
  • Présenté par la Galerie Schumm-Braunstein, 9 rue de Montmorency, à Paris.
  • Représente la France parmi les 7 artistes du projet d’art numérique à la 8e Biennaleinternationale d'estampe contemporaine de Trois-Rivières, 2013, Québec.


Élevé en plein air et à l'ammoniaque, Eric Fourmestraux, né en 1963, commence, dès son plus jeune âge, ses premiers tirages de plans au cabinet d’architecture paternel. Il découvre, à l’École des Arts Décoratifs de Paris, la gravure, initié par Jean Clerté, puis l’urinoir de Marcel Duchamp et réalise qu’il était tombé dedans étant enfant ! Mais il finit par être… architecte d’intérieur et designer mobilier.

C’est sur le tard qu’il se réapproprie la technique grâce à Alain Cazalis. Ses gravures deviennent la prolongation naturelle et évidente de sa démarche sur l’empreinte commencée dans son travail de dessin. L’empreinte d’objets se fait ici dans la matière même ou dans sa représentation, jouant avec la nature de la plaque. L’acide devient le révélateur des choses ou des êtres qui s’y dessinent. L'encre se met parfois même en retrait pour n'être qu'embossage. La trace, à dessein, est de l’ordre de la mémoire, à défaut de dessiner quelque chose “de mémoire”. Le temps y est marqué par la volonté de le savourer

« Il dessine, il eau-forte, il aquatinte ou il embosse… ses états d'âme intérieurs. Parfois, en hommage ou en clin d'oeil, il “empreinte” à quelques grands noms de l'art contemporain. Ou, quand une femme lui prête sa main, il l’imprime. Il prend son pied, propre, parfois même figuré… Mais ne sait plus sur lequel danser ! Alors il imprime, il multiple... pour partager ses idées, ici ou ailleurs, jusqu’à en être à ramasser à la petite cuillère ! »

Hasards objectifs — Galerie Schumm-Braunstein — exposition du 22 mars au 24 avril 2013

Une petite cuillère, des aiguilles d’acupuncture, la semelle de sa chaussure, la main d’Irène Jacob, un gant de jardinage, un crâne de taureau, Ève, une chaise de cuisine, un fer à repasser, l’araignée du matin et celle du soir... (et j’en passe) qu’Éric Fourmestraux a croisés sur son chemin ont été des rencontres évidemment dues à des hasards très objectifs. De ces trouvailles, il a tiré, avec grand talent, « dessins-glissades », « estampes-précipices », « sérigraphies-coïncidences »1

Éric Fourmestraux est un artiste dont la curiosité est sans cesse piquée, l‘émerveillement sans cesse renouvelé. De ses découvertes qu’il fait entrer en collision, des objets qu’il passe sous la presse ou dont il dessine l’empreinte, il tire, en bon « bricoleur novateur » qu’il est, des images à la fois subtiles et déroutantes, dans lesquelles il joue de la plasticité de la polysémie des mots ou de locutions : J’étais à ramasser à la petite cuillère ; Ces vingt-sept aiguilles piquaient sa curiosité ; Je ne savais plus sur quel pied danser ; Irène Jacob et moi ; Elle avait jeté le gant trop tôt ; Sortir du comma...

Ses sujets ? Le temps qui passe, ses origines, ses états d’âme. Il rend également hommage à de grands artistes contemporains comme Cy Twombly, les deux Joseph, Beuys et Kosuth, en retour de leurs bienveillantes indications de « recyclage » de mélancolie. Avec toujours une pointe d’humour qui semble l’engager profondément : En cas de vanité... briser la vitre ! Avec sa manière savoureuse de faire participer des araignées et autres punaises à un jeu d’écriture automatique (au passage, il invente l’estampe animale à tirage unique), son obstination à marquer les ombres portées (qui fait revenir sur le métier, de quart d’heure en quart d’heure, le dessinateur en vacances : Deux heures ou presque... à l’ombre d’une tête de taureau), ses réponses poétiques et détournées aux contraintes imposées par les organisateurs de concours (La Carte du tendre), il propose ce jeu sur et avec les images que les choses et les êtres produisent volontairement ou accidentellement, par intention ou par hasard, qui les exhibent et les travestissent en même temps.

Éric Fourmestraux a trouvé avec le dessin et l’estampe ses moyens de prédilection. Et avec le papier son support. Son talent est manifeste : une justesse du trait et de ses pointillés qui montrent ce qu’on ne voit pas ou plus ; un équilibre de la composition ; une manière de faire « tourner les blancs », de sortir du cadre ; de « gloser » dans les marges, (mais où sont les gloses, où sont les marges ?) ; un jeu avec les lettres qu’il dessine comme on les imprimait autrefois ; un travail dans l’épaisseur du papier par empreinte ou embossage ;

un estampillage récurrent par rond rouge ; une maîtrise rigoureuse dans les réalisations les plus complexes. Des constructions raffinées tenues par des fils de bâti, que la justesse, la pertinence, l’efficacité rendent d’une solidité inébranlable. Une écriture élégante, reconnaissable et renouvelée. Un monde qui danse, qui joue, structuré par le temps, la lumière et le langage, animé par une force vitale et le charme de la dérision, dans lequel l’artiste nous entraîne pour notre plus grand ravissement. À savourer. Objectivement.

1 - Rendons à César... donc à André Breton, « les pétrifiantes coïncidences », « faits-glissades », « faits-précipices », qui, de Nadja (1927) à L’amour fou (1937), deviendront le hasard objectif.